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Goodwood : la grande fête britannique du patrimoine à moteur
Sommaire
- Goodwood : un domaine, une dynastie du sport auto
- Le Festival of Speed et sa montée de côte mythique
- Le Goodwood Revival : un voyage dans le temps
- La moto à l'honneur : le Barry Sheene Memorial Trophy
- Une ambiance unique et un statut mondial
- Tableau récapitulatif
- FAQ
Goodwood : un domaine, une dynastie du sport auto
À une centaine de kilomètres au sud de Londres, dans les collines verdoyantes du Sussex de l'Ouest, s'étend l'un des lieux les plus sacrés du patrimoine à moteur : le domaine de Goodwood. Cette immense propriété appartient depuis des siècles à la famille du Duc de Richmond, et c'est autour de la demeure ancestrale, Goodwood House, que se joue chaque année l'un des plus beaux spectacles mécaniques de la planète. Ici, le passé ne dort pas dans les musées : il rugit, fume et sent l'huile chaude.
L'histoire mécanique de Goodwood commence en 1948, lorsque le 9e Duc de Richmond, surnommé « Freddie March », passionné de course et lui-même ancien pilote, inaugure un circuit automobile sur le périmètre d'un ancien aérodrome de la Royal Air Force. Pendant près de vingt ans, ce tracé rapide devient un haut lieu de la course britannique, avant de fermer aux compétitions en 1966, les vitesses devenues trop élevées pour ses installations d'époque. Le circuit s'endort alors pour plusieurs décennies. Comme pour la « cathédrale » d'Assen ou le mythique Tourist Trophy, certains lieux portent une aura que le temps n'efface jamais.
C'est le descendant de Freddie March, Charles Gordon-Lennox — longtemps connu sous le titre de Lord March avant de devenir à son tour Duc de Richmond — qui va réveiller le géant endormi. Dans les années 1990, il rêve de rouvrir le circuit familial. Faute d'obtenir les autorisations, il imagine une alternative en apparence plus modeste, mais qui va devenir un phénomène mondial.
Le Festival of Speed et sa montée de côte mythique
En 1993, Lord March lance le premier Goodwood Festival of Speed. L'idée est d'une simplicité géniale : inviter des voitures et des motos de légende, accompagnées de leurs pilotes, à gravir la montée de côte tracée dans l'allée même de la propriété, devant la façade de Goodwood House. Cette épreuve chronométrée, la fameuse « hillclimb », court sur 1 890 mètres (environ 1,16 mile) et enchaîne neuf virages pour une dénivelée d'environ 92 mètres.
Le premier rendez-vous, organisé le dimanche 20 juin 1993, attire quelque 25 000 visiteurs, un chiffre dix fois supérieur aux attentes des organisateurs. On y compte déjà 101 automobiles et 32 motos engagées. L'événement, d'abord tenu sur une seule journée, s'étoffe rapidement : le samedi est ajouté en 1994, puis le vendredi en 1996, faisant du Festival un rendez-vous de plusieurs jours. Aujourd'hui, il rassemble autour de 150 000 spectateurs et déploie chaque année une spectaculaire sculpture centrale sur la pelouse, œuvre de l'artiste Gerry Judah depuis 1997, célébrant un constructeur ou une figure du sport mécanique.
Contrairement au Pikes Peak, autre grande course de côte où l'on joue vraiment le chrono, les motos ne sont pas chronométrées à Goodwood : après un accident mortel survenu dès 1993, elles montent en démonstration, pour le plaisir des yeux et des oreilles. On y voit ainsi défiler des machines de Grand Prix, des sportives d'exception et leurs champions, dans une proximité avec le public quasiment introuvable ailleurs.
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L'article célèbre des machines de légende exposées à Goodwood ; un poster prolonge cette passion patrimoniale sur les murs du motard.
Le Goodwood Revival : un voyage dans le temps
Fort du succès du Festival of Speed, Lord March réalise enfin son rêve initial en 1998 : rouvrir le circuit historique. Ainsi naît le Goodwood Revival, une manifestation d'un genre unique au monde, organisée chaque mois de septembre. Pour l'inauguration, l'Earl of March boucle un tour au volant de la même Bristol 400 avec laquelle son grand-père avait ouvert la piste cinquante ans plus tôt. La boucle est bouclée.
Le Revival ne célèbre que la période d'activité originelle du circuit, de 1948 à 1966. Seules les voitures et motos ayant réellement couru durant ces années sont admises en piste, pour des courses non-championnat qui font s'affronter des machines dont la valeur se compte parfois en millions. Mais la singularité la plus folle de l'événement tient à son public : c'est le seul meeting historique au monde à se dérouler entièrement en tenue d'époque.
Spectateurs, pilotes, commissaires et commerçants jouent le jeu avec une fidélité stupéfiante : uniformes de la Royal Air Force, robes des années 1950, coupes de cheveux, publicités et véhicules du parking, tout recrée l'atmosphère de l'Angleterre d'après-guerre. On se croirait plongé dans le décor du café racer et de la jeunesse britannique des années mods et rockers. C'est un bal costumé grandeur nature autour du sport mécanique, à mille lieues d'un simple salon auto.
La moto à l'honneur : le Barry Sheene Memorial Trophy
Si Goodwood est d'abord célèbre pour ses automobiles, la moto y tient une place de choix, particulièrement au Revival. Il faut savoir qu'à l'époque du circuit d'origine, la course moto n'y fut qu'une exception : un unique meeting à deux roues s'y tint le 14 avril 1951. Il aura fallu attendre le Revival, en 1998, pour que les motos reviennent enfin rugir sur le tracé du Sussex.
Le grand rendez-vous des deux-roues, c'est aujourd'hui le Barry Sheene Memorial Trophy. Cette course réservée aux motos de 1948 à 1966 se dispute sur environ 25 minutes, en équipage de deux pilotes par machine, et débute par un mémorable départ à la Le Mans : les pilotes s'élancent à pied pour rejoindre leur moto en courant avant de foncer vers le premier virage. Genou à terre sur des machines classiques, les concurrents offrent un spectacle aussi élégant que spectaculaire.
L'épreuve rend hommage à Barry Sheene, double Champion du monde 500cc en 1976 et 1977, qui participa lui-même aux premières éditions du Revival. Sa dernière course eut lieu à l'édition 2002, alors qu'il était déjà gravement malade ; il s'éteignit en mars 2003, à seulement 52 ans. Le trophée, jusque-là appelé Lennox Cup, fut alors rebaptisé en son honneur et se court à chaque Revival depuis 2003. Pour découvrir le personnage flamboyant qui se cache derrière ce nom, plonge dans notre portrait de Barry Sheene, le rebelle du 500cc. On y croise des légendes du Tourist Trophy comme des champions de Superbike, tous réunis sur des bécanes d'un autre âge.
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Une ambiance unique et un statut mondial
Ce qui distingue Goodwood, c'est cette alchimie impossible à copier : d'un côté un décor aristocratique (une demeure ducale, des pelouses parfaites), de l'autre une ferveur populaire et un accès aux machines et aux pilotes que plus aucun grand événement moderne n'autorise. Le visiteur y côtoie des monoplaces de Formule 1, des Triumph Bonneville et des Norton de légende à quelques centimètres, sans barrière infranchissable.
Résultat : les deux rendez-vous de Goodwood figurent aujourd'hui parmi les plus grands rassemblements de véhicules historiques au monde. Là où un Sturgis célèbre la liberté biker et un Wheels & Waves cultive l'esprit lifestyle, Goodwood incarne la mémoire vivante du sport mécanique. Pour tout amateur de belles mécaniques, assister une fois dans sa vie à la montée de côte du Festival ou au bal costumé du Revival relève du pèlerinage.
Tableau récapitulatif
| Élément | Détail vérifié |
|---|---|
| Lieu | Domaine de Goodwood, Sussex de l'Ouest (Angleterre), propriété du Duc de Richmond |
| Circuit d'origine | Inauguré en 1948 par le 9e Duc de Richmond, fermé aux courses en 1966 |
| Festival of Speed | Créé en 1993 par Lord March ; 1re édition le 20 juin 1993 (~25 000 visiteurs) |
| La montée de côte (hillclimb) | ~1 890 m, 9 virages, ~92 m de dénivelé, devant Goodwood House |
| Motos au Festival | En démonstration (non chronométrées depuis 1993) |
| Goodwood Revival | Créé en 1998 sur le circuit historique, en septembre ; époque célébrée : 1948-1966 |
| Signature du Revival | Public et participants intégralement en tenue d'époque |
| Course moto phare | Barry Sheene Memorial Trophy (motos 1948-1966, ~25 min, 2 pilotes, départ Le Mans) |
FAQ — Questions fréquentes
Où se déroulent le Festival of Speed et le Goodwood Revival ?
Les deux événements se tiennent sur le domaine de Goodwood, dans le Sussex de l'Ouest, au sud de l'Angleterre, propriété de la famille du Duc de Richmond. Le Festival of Speed se court sur la montée de côte tracée devant Goodwood House, tandis que le Revival se déroule sur le circuit automobile historique.
Quelle est la différence entre le Festival of Speed et le Revival ?
Le Festival of Speed, créé en 1993, est une célébration de toutes les époques du sport auto et moto autour d'une montée de côte chronométrée. Le Revival, créé en 1998, se concentre exclusivement sur la période 1948-1966 du circuit d'origine, avec un public et des participants habillés en tenue d'époque.
Y a-t-il des motos à Goodwood ?
Oui. Au Festival of Speed, des motos de légende montent la côte en démonstration. Au Revival, elles s'affrontent en course, notamment lors du Barry Sheene Memorial Trophy, réservé aux machines de 1948 à 1966.
Qui était Barry Sheene, dont la course moto porte le nom ?
Barry Sheene était un pilote britannique, double Champion du monde 500cc en 1976 et 1977. Il participa aux premiers Revivals ; sa dernière course eut lieu en 2002 et il s'éteignit en mars 2003, à 52 ans. Le trophée moto du Revival fut rebaptisé en son honneur.
Pourquoi les motos ne sont-elles pas chronométrées au Festival of Speed ?
À la suite d'un accident mortel survenu dès la première édition de 1993, les organisateurs ont choisi de ne plus chronométrer les motos lors de la montée de côte. Elles y participent donc en démonstration, ce qui n'enlève rien au spectacle.

