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Le Motocross des Nations : la coupe du monde du tout-terrain
CourseMotocrossÉpreuve par nations
Disputé pour la première fois le 20 juillet 1947 près de La Haye et remporté par la Grande-Bretagne, le Motocross des Nations oppose des équipes de trois pilotes engagés en MXGP, MX2 et Open. Trois manches appariées produisent six résultats dont le plus mauvais est retiré, le total le plus bas l'emportant. La Belgique de Roger De Coster domine jusqu'aux années 1980, avant treize succès américains consécutifs de 1981 à 1993, stoppés à Roggenburg. Les États-Unis mènent le palmarès avec 23 victoires, devant la Grande-Bretagne et la Belgique.
Sommaire
- Les « Jeux olympiques du motocross »
- 1947 : une idée née près de La Haye
- Trophée, Coupe, Motocross : trois épreuves pour une seule
- Le format : trois pilotes, trois manches, un cumul
- La Belgique, puis le rouleau compresseur américain
- Tribunes, drapeaux et patriotisme
- Le trophée Chamberlain et le palmarès
- Tableau récapitulatif
- FAQ
Les « Jeux olympiques du motocross »
Une fois par an, le motocross mondial met ses guerres de clochers de côté. Les maillots d'usine disparaissent, les rivalités de championnat se taisent, et les meilleurs pilotes de la planète enfilent les couleurs de leur pays. C'est le Motocross des Nations, abrégé MXoN, une épreuve par équipes nationales que le milieu surnomme volontiers « les Jeux olympiques du motocross ». Le principe est d'une simplicité redoutable : trois pilotes par nation, répartis dans trois catégories, et un classement au cumul des points qui désigne le pays vainqueur.
Dans un sport où l'exploit est d'ordinaire individuel, cette dimension collective change tout. Un pilote peut gagner sa manche et voir son pays perdre à cause d'une chute survenue trois heures plus tôt. C'est ce qui donne au MXoN sa tension particulière, très différente de celle du hard enduro de l'Erzbergrodeo ou de l'odyssée solitaire du Paris-Dakar. Ici, on ne court pas contre le désert ni contre le chronomètre : on court pour un drapeau, devant des tribunes qui ne demandent qu'à hurler.
1947 : une idée née près de La Haye
L'épreuve est l'une des plus anciennes compétitions motocyclistes encore courues. La première édition se tient le 20 juillet 1947, près de La Haye, aux Pays-Bas, avec seulement trois nations invitées : les Pays-Bas, la Belgique et la Grande-Bretagne. Ce sont les Britanniques Bill Nicholson, Fred Rist et Bob Ray qui remportent cette manche inaugurale. L'Europe sort à peine de la guerre, le motocross n'est encore qu'un sport de terrains vagues et de champs labourés, mais l'idée d'un affrontement entre nations prend immédiatement.
Dès 1948, la deuxième édition se dispute en Belgique, à La Fraineuse, près de Spa, avec la France, la Suède et le Luxembourg parmi les invités ; la Belgique s'y impose. En 1949, la Grande-Bretagne organise l'épreuve à Brands Hatch et l'emporte pour la deuxième fois, ce qui lui permet — selon la règle de l'époque — de conserver définitivement la coupe d'origine. La FIM doit alors offrir un nouveau trophée. Après la disparition, en 1954, de Peter Chamberlain, vice-président de la Commission sportive internationale de la FIM et grand défenseur du motocross, cette coupe est officiellement baptisée en son honneur. Cette ancienneté place le MXoN dans la même famille patrimoniale que le Tourist Trophy de l'île de Man ou les grands rendez-vous historiques du type Goodwood : des institutions plus vieilles que la plupart des championnats du monde.
Trophée, Coupe, Motocross : trois épreuves pour une seule
C'est ici que l'histoire se complique — et que beaucoup d'articles se trompent. Pendant près de quatre décennies, il n'y a pas eu une épreuve par équipes nationales, mais trois épreuves distinctes, courues sur des week-ends et des circuits différents.
Le Motocross des Nations historique, celui de 1947, était réservé aux 500 cm³ et l'est resté jusqu'en 1984. En 1961, la FIM crée une épreuve jumelle pour les 250 cm³ : le Trophée des Nations. En 1980, elle décide d'en ajouter une troisième, pour les 125 cm³ : la Coupe des Nations. Une même saison pouvait donc voir trois « championnats des nations » sacrer trois pays différents, ce qui diluait fortement l'enjeu médiatique.
La FIM tranche en 1985 : les trois épreuves fusionnent en une seule et même compétition, le Motocross des Nations, avec une classe 125, une classe 250 et une classe 500 — donc un pilote par cylindrée dans chaque équipe. C'est le format qui a fait la légende moderne de l'épreuve, et l'ancêtre direct de celui d'aujourd'hui. Cette rationalisation accompagne l'explosion technique du tout-terrain, celle-là même qui portera des marques comme KTM ou l'inventive Husaberg au premier plan mondial.
Le format : trois pilotes, trois manches, un cumul
Le format contemporain conserve l'esprit de 1985 en l'adaptant aux catégories actuelles. Chaque nation aligne trois pilotes engagés respectivement en MXGP, MX2 et Open. Le dimanche, on ne dispute pas trois courses par catégorie mais trois manches appariées : MXGP + MX2, puis MX2 + Open, puis MXGP + Open. Autrement dit, chaque pilote court deux fois et l'équipe rentre avec six résultats.
Le décompte est celui du golf : la place vaut les points. Une victoire de manche rapporte 1 point, une deuxième place 2 points, une dixième place 10 points. À l'arrivée, le plus mauvais des six résultats est retiré : seuls les cinq meilleurs comptent, et le total le plus bas gagne. Ce joker change la physionomie de la journée : une casse mécanique ou une chute isolée ne condamne pas forcément une nation, mais deux incidents, si. Le samedi sert aux qualifications, indispensables car l'épreuve attire un plateau considérable — 37 nations étaient engagées en 2025.
Comparé au sprint pur d'un Grand Prix, le MXoN relève presque de la gestion d'équipe, dans un esprit qui rappelle les grandes courses collectives de l'endurance comme les 24 Heures Motos du Mans ou le Bol d'Or : le maillon faible fait le résultat.
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La Belgique, puis le rouleau compresseur américain
Le premier grand empire du MXoN est belge. Porté par une génération irréelle — Roger De Coster, Joël Robert, Sylvain Geboers —, le plat pays règne des années 1960 aux années 1980. De Coster à lui seul décroche six victoires du Motocross des Nations (1969, 1972, 1973, 1976, 1977 et 1979). Et sur le Trophée des Nations 250, la domination frôle l'insolence : de 1969 à 1980, la Belgique remporte tous les titres sauf un, celui de 1979 enlevé par l'URSS. Les sables de Lommel et les terrains gras du Benelux forment alors les meilleurs pilotes du monde.
Puis vient 1981, et le basculement. Une équipe américaine jeune et peu titrée — Chuck Sun, Danny LaPorte, Johnny O'Mara et Donnie Hansen — remporte d'abord le Trophée des Nations dans le sable de Lommel, en Belgique, puis, une semaine plus tard, le Motocross des Nations à Bielstein, en Allemagne, avec un seul point d'avance sur les Britanniques — alors qu'O'Mara n'avait jamais couru sur une 500 avant ce week-end. Le monde du tout-terrain découvre que le centre de gravité du sport a traversé l'Atlantique, un peu comme Kenny Roberts Sr. l'avait fait sur la route quelques années plus tôt.
Ce qui suit reste l'une des séries les plus écrasantes du sport mécanique : treize victoires consécutives, de 1981 à 1993. Treize éditions, une seule nation. Le savoir-faire américain — bagage flat track, supercross naissant, budgets d'usine — écrase l'Europe. Jeff Ward y signe un sans-faute total : sept victoires en sept participations, un total que seul le Britannique Jeff Smith a égalé. La série tombe enfin en 1994, à Roggenburg (Suisse), où Rob Herring, Paul Malin et Kurt Nicoll offrent à la Grande-Bretagne sa première victoire depuis 1967. L'un des plus gros coups de théâtre de l'histoire de la discipline, dans la lignée des surprises que réservent aussi les épreuves extrêmes comme la Baja 1000.
Tribunes, drapeaux et patriotisme
Aucune autre course de motocross ne ressemble à celle-là dans les tribunes. Parce que les pilotes ne défendent pas une marque mais un pays, le public se comporte comme dans un stade : drapeaux nationaux, fumigènes, cornes de brume, chants, et des dizaines de milliers de spectateurs qui campent sur les buttes. Le MXoN est itinérant, ce qui crée régulièrement un formidable effet « à domicile ».

De la terre qui vole et une roue avant en l'air : le tableau qui ramène un peu de l'ambiance des buttes dans ton salon.
La France en a fait la démonstration la plus spectaculaire de l'ère moderne avec cinq victoires d'affilée de 2014 à 2018, puis un nouveau succès en 2023 à Ernée, devant son public. En 2019, à Assen, les Pays-Bas ont gagné chez eux, sur un site déjà sacré par l'histoire de la vitesse — le même TT d'Assen surnommé la « Cathédrale ». Signe de l'attachement que suscite l'épreuve : l'Estonien Tanel Leok a disputé vingt finales depuis 2001, un record de fidélité pour une nation qui n'a jamais gagné. Plus récemment, l'Australie a signé un doublé en 2024 et 2025, portée par les frères Lawrence. Cette ferveur populaire tient à la même corde sensible que les grandes fêtes du tout-terrain routier, du Yamaha XT600 Ténéré aux scramblers : la terre, la poussière et l'envie d'en être.
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Le trophée Chamberlain et le palmarès
La récompense remise à la nation victorieuse s'appelle le trophée Chamberlain (Chamberlain Trophy), du nom de Peter Chamberlain, ce dirigeant de la FIM disparu en 1954. C'est un objet que les pilotes soulèvent ensemble, jamais seuls — l'image même de l'épreuve.
Au palmarès historique, les États-Unis mènent avec 23 victoires, devant la Grande-Bretagne (16) et la Belgique (15). La France et la Suède comptent sept succès chacune, l'Italie trois (1999, 2002 et 2021) et l'Australie deux. En 2025, c'est justement l'Australie qui a conservé la coupe à Ironman Raceway, dans l'Indiana, avec Hunter Lawrence, Jett Lawrence et Kyle Webster — une victoire remportée en terre américaine, ce qui, quarante-quatre ans après 1981, ne manque pas de sel. Comme au Daytona 200, la valeur d'une course ne se mesure pas à son ancienneté seule, mais à ce qu'elle représente pour ceux qui la gagnent.
Tableau récapitulatif
| Repère | Détail vérifié |
|---|---|
| Première édition | 20 juillet 1947, près de La Haye (Pays-Bas), 3 nations invitées |
| Vainqueur inaugural | Grande-Bretagne (Bill Nicholson, Fred Rist, Bob Ray) |
| Surnom | « Les Jeux olympiques du motocross » |
| Épreuve d'origine | Motocross des Nations, réservé aux 500 cm³ de 1947 à 1984 |
| Trophée des Nations | Épreuve jumelle créée en 1961 pour les 250 cm³ |
| Coupe des Nations | Épreuve 125 cm³ décidée par la FIM en 1980 |
| Fusion | 1985 : les trois épreuves réunies en une seule (125 / 250 / 500) |
| Format actuel | 3 pilotes (MXGP, MX2, Open), 3 manches appariées, 6 résultats |
| Classement | La place = les points ; le pire des 6 résultats est retiré ; total le plus bas gagne |
| Trophée | Trophée Chamberlain, nommé après la mort de Peter Chamberlain en 1954 |
| Domination belge | Trophée des Nations 250 : tous les titres de 1969 à 1980 sauf 1979 (URSS) |
| Série américaine | 13 victoires consécutives, de 1981 à 1993 |
| Fin de la série | 1994, Roggenburg (Suisse) : Grande-Bretagne (Herring, Malin, Nicoll) |
| Palmarès | USA 23 · Grande-Bretagne 16 · Belgique 15 · France 7 · Suède 7 · Italie 3 |
| Tenant du titre | Australie (2024 et 2025), 2025 à Ironman Raceway, Indiana |
FAQ — Questions fréquentes
En quelle année le Motocross des Nations a-t-il été créé ?
La première édition s'est tenue le 20 juillet 1947 près de La Haye, aux Pays-Bas, avec trois nations invitées : les Pays-Bas, la Belgique et la Grande-Bretagne. Les Britanniques Bill Nicholson, Fred Rist et Bob Ray l'ont remportée.
Pourquoi parle-t-on à la fois de Trophée des Nations et de Motocross des Nations ?
Parce qu'il s'agissait d'épreuves distinctes. Le Motocross des Nations était réservé aux 500 cm³ de 1947 à 1984, le Trophée des Nations a été créé en 1961 pour les 250 cm³, et une Coupe des Nations 125 cm³ a été décidée par la FIM en 1980. La FIM a fusionné les trois en une seule compétition en 1985.
Combien d'années consécutives les États-Unis ont-ils gagné ?
Treize années de suite, de 1981 à 1993. La série a été stoppée en 1994 à Roggenburg, en Suisse, par la Grande-Bretagne de Rob Herring, Paul Malin et Kurt Nicoll, qui signait sa première victoire depuis 1967.
Comment s'appelle le trophée remis au vainqueur ?
Le trophée Chamberlain. Il porte le nom de Peter Chamberlain, vice-président de la Commission sportive internationale de la FIM et grand promoteur du motocross, à qui la coupe a été officiellement dédiée après sa mort en 1954.
Comment le classement est-il établi aujourd'hui ?
Chaque nation aligne trois pilotes en MXGP, MX2 et Open. Trois manches appariées font courir chaque pilote deux fois, soit six résultats. La place d'arrivée vaut les points, le plus mauvais des six résultats est retiré, et la nation avec le total le plus bas remporte l'épreuve.

