La Honda Monkey (Z50) : la petite moto culte au grand cœur

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La Honda Monkey (Z50) : la petite moto culte au grand cœur


Sommaire


Une moto née dans un parc d'attractions

Il existe des motos nées sur les circuits, d'autres dans les ateliers d'ingénieurs obsédés par la vitesse. La Honda Monkey, elle, est née dans un parc d'attractions. En octobre 1961, Honda ouvre au Japon deux parcs de loisirs mécaniques, Tama Tech (près de Tokyo) et Ikoma Tech (préfecture de Nara), où les familles venaient s'initier à la conduite et profiter d'attractions à moteur. Pour amuser les visiteurs, Honda y installe une drôle de bécane miniature à cadre rouge et réservoir clair : le Z100, un prototype de 1961 pensé au départ comme une simple attraction.

Le petit engin fait un carton. Les visiteurs se pressent pour l'essayer, et Honda comprend vite qu'il tient là bien plus qu'un manège : un produit commercialisable. Cette logique d'un constructeur qui transforme une idée farfelue en succès industriel, on la retrouve dans toute la maison Honda, de la CB750 Four qui a inventé la superbike à la Gold Wing, reine des routières. La Monkey, elle, prend le chemin inverse des grosses cylindrées : celui de la petite moto simple, fun et attachante.


Pourquoi l'appelle-t-on « Monkey » ?

Le surnom n'a rien d'un coup marketing : il vient du spectacle qu'offraient les premiers pilotes. Avec ses toutes petites roues, sa selle basse et son gabarit de jouet, le Z100 donnait l'impression que l'adulte perché dessus, genoux relevés et dos courbé, ressemblait à un singe juché sur son perchoir. L'anecdote raconte qu'un observateur aurait comparé ces conducteurs pliés en deux à des « singes de cirque » ; le sobriquet de « Monkey » est resté et est devenu le nom officiel du modèle.

Ce gabarit minuscule est justement toute l'identité de la moto. Là où la plupart des deux-roues cherchent à impressionner, la Monkey assume un côté ludique et bon enfant. Elle appartient à cette petite famille de véhicules qui ont démocratisé la mobilité par le sourire plutôt que par la performance, un peu comme la Vespa a mis le monde sur deux roues. Pour comprendre d'où vient cet esprit, un détour par l'origine et l'évolution de la moto éclaire bien le contexte de l'après-guerre.


La CZ100, première Monkey vendue au public

Séduit par l'engouement, Honda décide de sortir la Monkey des parcs pour la vendre. C'est la CZ100, présentée fin 1963 et produite de 1964 à 1966 : la première mini-moto grand public de la marque, homologuée pour la route et destinée aux marchés européen et asiatique (elle ne fut pas officiellement vendue aux États-Unis). Sous elle bat déjà un moteur de 49 cm³ quatre-temps refroidi par air, monté sur de minuscules roues de 5 pouces.

La CZ100 reste rare : environ 2 500 exemplaires seulement sortent d'usine sur sa courte carrière. Puis, en 1967, arrive le modèle qui va vraiment lancer la légende sur le marché japonais : le Z50M, premier « vrai » Monkey homologué route au Japon, dont tout l'ingéniosité tient dans un détail génial.

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La Monkey est une moto au gabarit de jouet, adorée des collectionneurs : une miniature prolonge naturellement cet attachement affectif et décoratif.

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Le Z50 et le mythe de la moto pliable

Le trait de génie du Z50M de 1967, c'est son guidon rabattable. En quelques gestes, la petite moto se replie et devient assez compacte pour tenir dans le coffre d'une voiture. Le concept est limpide : on glisse la Monkey dans le coffre, on part en week-end ou au bord de l'eau, et on déplie sa mini-moto une fois arrivé pour se balader. La Monkey devient un accessoire de loisir autant qu'un véhicule, un compagnon de vacances qu'on emporte partout.

Mécaniquement, la recette reste volontairement simple et robuste : un moteur 4-temps de 49 cm³ développant autour de 4,5 ch, des petites roues (5 pouces à l'origine, puis 8 pouces sur les évolutions), une selle et un guidon rehaussés pour qu'un adulte puisse la piloter malgré sa taille. Rien de sportif, mais une fiabilité et une facilité de prise en main qui en font une moto que tout le monde peut apprivoiser. Ce n'est pas la moto idéale pour débuter à moto sur route ouverte aujourd'hui, mais son ADN accessible a marqué des générations de motards.


Une icône adorée des collectionneurs

Au fil des décennies, la Monkey décline une multitude de versions (Z50A, Z50J, séries limitées chromées ou à réservoir « Gorilla »), toutes reconnaissables à leur silhouette ronde et joyeuse. Ce qui n'était qu'une attraction de parc est devenu un objet culte, recherché par les collectionneurs du monde entier. Les modèles anciens, la rarissime CZ100 en tête, s'échangent aujourd'hui à des prix qui feraient sourire n'importe quel ingénieur de 1961.

Pourquoi une telle cote ? Parce que la Monkey coche toutes les cases de l'icône : une histoire savoureuse, un design intemporel, une mécanique simple à restaurer et un capital sympathie énorme. Elle appartient, à sa manière, au même panthéon culturel que les motos emblématiques du cinéma et de la culture pop : une machine qu'on aime autant pour ce qu'elle raconte que pour ce qu'elle roule.

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La renaissance : la Monkey 125 (2018)

Après plus d'un demi-siècle de carrière, la production de la Monkey 50 cm³ s'arrête au Japon en août 2017, avec une série « 50e anniversaire », rattrapée par des normes antipollution trop sévères pour les tout petits moteurs. Mais Honda ne laisse pas mourir sa mascotte. Dès 2018 (millésime 2019), la marque dévoile la Monkey 125, une réinterprétation moderne qui reprend fidèlement le style rétro de l'originale.

Sous la robe vintage, la mécanique est bien de son temps : un monocylindre 4-temps de 124,9 cm³ à refroidissement par air et injection, développant environ 9,2 ch à 7 000 tr/min pour 11 Nm de couple. La Monkey 125 partage sa base technique avec la Honda Grom (MSX125), cousine tout aussi joueuse. D'abord équipée d'une boîte 4 rapports, elle passe à une boîte 5 vitesses et adopte un moteur conforme à la norme Euro 5 à partir du millésime 2022. La légende du parc d'attractions roule donc toujours, et son grand cœur bat plus fort que jamais.


Tableau récapitulatif

Modèle Période Moteur Fait marquant
Z100 (prototype) 1961 ~49 cm³ 4-temps Attraction du parc Tama Tech, origine du nom « Monkey »
CZ100 1964-1966 49 cm³ 4-temps, roues 5" 1re Monkey vendue au public (~2 500 ex.), Europe/Asie
Z50M 1967 49 cm³, ~4,5 ch Guidon pliable, tient dans un coffre de voiture
Z50 (séries A/J…) 1968-2017 49 cm³, petites roues Icône collector ; fin de production en août 2017
Monkey 125 Depuis 2018 124,9 cm³, ~9,2 ch Renaissance moderne, base Grom, boîte 5 (Euro 5)

FAQ — Questions fréquentes

Pourquoi la Honda Monkey s'appelle-t-elle ainsi ?
Parce que ses toutes petites roues et son gabarit minuscule donnaient l'impression que l'adulte perché dessus, dos courbé et genoux relevés, ressemblait à un singe. Le surnom « Monkey » est resté et est devenu le nom officiel du modèle.

Où est née la Honda Monkey ?
Dans un parc d'attractions. Le prototype Z100 fut conçu en 1961 comme une attraction pour le parc de loisirs mécaniques Tama Tech de Honda, au Japon, avant d'être commercialisé au grand public.

Quelle était la cylindrée de la Monkey d'origine ?
Un tout petit moteur monocylindre 4-temps de 49 cm³, développant environ 4,5 ch, monté sur de minuscules roues de 5 puis 8 pouces.

Est-il vrai que la Monkey se pliait pour entrer dans un coffre ?
Oui. Le Z50M de 1967 disposait d'un guidon rabattable qui rendait la moto assez compacte pour tenir dans le coffre d'une voiture et l'emmener en week-end.

La Honda Monkey existe-t-elle encore aujourd'hui ?
La version 50 cm³ a cessé d'être produite en août 2017 pour des raisons d'émissions. Honda a lancé une héritière moderne, la Monkey 125, dès 2018, avec un moteur de 124,9 cm³ partagé avec la Grom.