2091 mots | Temps de lecture : 10 minute(s)
Steve McQueen, « the King of Cool » et la moto : légende sur deux roues
Sommaire
- Le « King of Cool », motard avant tout
- Une collection de motos légendaire
- La Grande Évasion (1963) : la vérité sur LE saut
- Les Six Days 1964 : McQueen face au monde
- On Any Sunday (1971) : le film qui a tout changé
- Un héritage qui roule encore
- Tableau récapitulatif
- FAQ
Le « King of Cool », motard avant tout
On connaît Steve McQueen (1930-1980) pour Bullitt, La Grande Évasion ou Le Mans. Mais derrière la star hollywoodienne surnommée « the King of Cool » se cachait un authentique passionné de mécanique, aussi à l'aise sur une moto de désert que devant une caméra. McQueen ne jouait pas au motard : il roulait, il courait, il chutait, il réparait. C'est cette sincérité qui explique pourquoi, plus de quarante ans après sa disparition, il reste l'icône absolue du style à deux roues.
Adolescent turbulent puis Marine, McQueen découvre la vitesse très jeune et n'arrête plus. Devenu riche et célèbre, il consacre une part de sa fortune à assouvir sa passion : la course automobile, bien sûr, mais surtout la moto tout-terrain, dans le désert californien où il s'entraîne avec des pilotes de haut niveau. Cette culture du deux-roues comme art de vivre irrigue toute sa carrière et déborde largement sur les écrans.
Une collection de motos légendaire
La collection de McQueen est entrée dans la légende. On estime qu'il a possédé plus de 200 motos au fil de sa vie, un ensemble éclectique qui allait des pièces d'exception d'avant-guerre aux machines de course les plus rustiques. Parmi les joyaux : une rarissime Cyclone board tracker de 1915 (l'un des treize exemplaires connus, revendue 775 000 dollars en 2015, un record pour une moto de collection à l'époque), plusieurs Indian, mais aussi une multitude de desert sleds, ces gros bicylindres britanniques transformés pour dévorer le sable.
Car si McQueen a roulé sur presque tout, son cœur battait pour les Triumph. Il appréciait les scramblers et desert sleds préparés par son ami Bud Ekins, dont une célèbre Triumph Bonneville de 1963 peaufinée par Ekins et peinte par le légendaire pinstripeur Von Dutch. La Bonneville, justement, incarne à elle seule le savoir-faire de la marque : on vous raconte son histoire dans notre article sur la Triumph Bonneville T120 de 1959, et plus largement dans l'histoire fascinante de Triumph.
À sa mort en 1980, sa collection de motos et d'automobiles a fait l'objet d'une vente aux enchères mémorable à l'Imperial Palace de Las Vegas, en novembre 1984. Depuis, la moindre machine ayant appartenu au King of Cool s'arrache : son Husqvarna vu dans On Any Sunday, acheté 1 500 dollars en 2008, a été revendu 230 000 dollars en 2018.
🏍️ Envie de faire entrer un peu de cette aura vintage chez vous ? Découvrez notre sélection de motos miniatures pour reconstituer votre propre garage de légende.
La Grande Évasion (1963) : la vérité sur LE saut
Impossible de parler de McQueen sans évoquer La Grande Évasion (1963) de John Sturges, où il campe le capitaine Virgil Hilts, « the Cooler King ». La scène de la moto lancée vers la frontière suisse est l'une des plus célèbres de l'histoire du cinéma. McQueen y réalise lui-même la quasi-totalité des cascades à moto : mieux, grâce au montage et aux angles de prise de vue, il interprète aussi le soldat allemand qui le poursuit — il se course donc littéralement lui-même à l'écran.
Mais rétablissons la vérité sur le fameux saut par-dessus les barbelés. Ce n'est PAS McQueen qui l'a exécuté : les assureurs du film le lui ont formellement interdit. La cascade a été réalisée par son ami et cascadeur Bud Ekins, préparateur et concessionnaire Triumph à Sherman Oaks. La moto ? Une Triumph TR6 Trophy (650 cm³), grimée pour ressembler à une BMW militaire allemande de la Seconde Guerre mondiale — un anachronisme assumé, aucune moto allemande de l'époque n'ayant les qualités du twin anglais pour ce genre d'exploit. Le saut, exécuté grâce à une rampe de terre aménagée dans le talus, a franchi une clôture d'environ 3,5 mètres de haut sur près de 20 mètres de longueur, moto lancée à pleine vitesse.
Cette anecdote résume le personnage : McQueen était assez bon pour tout faire lui-même, mais assez lucide (et bien entouré) pour confier la prise de risque ultime à un pro. Ekins et lui resteront amis et complices de guidon jusqu'au bout. La scène a inspiré des générations de cinéastes et de cascadeurs — un héritage que l'on retrouve chez d'autres figures comme Evel Knievel, le cascadeur qui a fait de la moto un spectacle mondial.
Les Six Days 1964 : McQueen face au monde
Loin des plateaux, McQueen voulait se mesurer aux meilleurs. En septembre 1964, il rejoint l'équipe des États-Unis pour l'épreuve la plus dure du tout-terrain de l'époque : les International Six Days Trial (ISDT), disputés du 7 au 12 septembre à Erfurt, en Allemagne de l'Est. Le contexte est électrique : en pleine Guerre froide, une bande d'Américains débarque avec leurs Triumph derrière le Rideau de fer.
L'équipe réunit du beau monde : Steve McQueen, Bud Ekins, son frère Dave Ekins, Cliff Coleman et John Steen. McQueen court sur une Triumph TR6 Trophy de 650 cm³ (engagée dans la catégorie 750). L'aventure tourne court pour lui : après une première chute et une réparation express, il repart pied au plancher pour rattraper son retard, doit éviter un autre concurrent, sort de la piste et chute lourdement. Sa Triumph est trop endommagée pour continuer. Bud Ekins abandonne lui aussi, la cheville brisée. Mais l'honneur américain est sauf : Cliff Coleman et Dave Ekins décrochent chacun une médaille d'or individuelle. McQueen n'a pas fini l'épreuve, mais il a prouvé qu'il n'était pas un touriste : il roulait au niveau international. Cet esprit d'endurance et de terrain, on le retrouve dans les grandes épopées comme le Paris-Dakar.
Un jean, un t-shirt blanc, un blouson et une Triumph : la silhouette de McQueen a défini pour toujours l'idée du motard cool.

McQueen est l'icône absolue du style motard vintage en cuir ; la carte tombe juste après la phrase qui décrit sa silhouette culte.
🧥 Pour rouler avec ce même esprit intemporel, jetez un œil à notre collection de blousons et vestes moto.
On Any Sunday (1971) : le film qui a tout changé
Si McQueen n'avait laissé qu'un seul cadeau à la communauté moto, ce serait sans doute On Any Sunday (1971). Ce documentaire réalisé par Bruce Brown — déjà auteur du culte The Endless Summer sur le surf — raconte le sport moto sous toutes ses formes : dirt track, motocross, trial, courses de désert, board track. McQueen n'est pas qu'une vedette du film : il l'a financé et co-produit via sa société Solar Productions, avec un budget d'environ 313 000 dollars, sans quoi le projet n'aurait probablement jamais vu le jour.
Le film met en scène des légendes comme Mert Lawwill, champion AMA Grand National 1969, et Malcolm Smith, virtuose de l'enduro, avec en apothéose une séquence culte : McQueen, Lawwill et Smith s'amusant à moto sur une plage au coucher du soleil, tournée sur la base des Marines de Camp Pendleton. On Any Sunday a été nommé à l'Oscar du meilleur documentaire en 1972. Surtout, il a transformé l'image du motard aux États-Unis : de voyou de cinéma, le motard est devenu un héros, un sportif, un passionné. Un basculement culturel comparable à celui décrit dans notre article sur les motos emblématiques du cinéma et de la culture pop.
Un héritage qui roule encore
Pourquoi McQueen fascine-t-il toujours autant les motards ? Parce qu'il incarne une authenticité rare. Il n'a jamais séparé sa vie d'acteur de sa vie de pilote : les deux ne faisaient qu'un. Son style — desert sled Triumph, casque tout simple, lunettes, blouson patiné — est devenu un uniforme repris par tout un pan de la culture custom et néo-rétro actuelle. Aujourd'hui encore, des préparateurs vendent des répliques de son desert racer, et son nom fait grimper les enchères.
McQueen appartient à cette galerie d'icônes qui ont fait de la moto bien plus qu'un moyen de transport, aux côtés d'autres passionnés du grand écran comme Keanu Reeves. Sa leçon est intemporelle : la moto se vit à fond, sincèrement, dans le désert comme sur la route.
🖼️ Pour lui rendre hommage sur vos murs, découvrez notre collection de posters et affiches moto.
Tableau récapitulatif
| Élément | Détail vérifié |
|---|---|
| Nom / surnom | Steve McQueen (1930-1980), « the King of Cool » |
| La Grande Évasion | 1963, réal. John Sturges ; rôle de Virgil Hilts |
| Le fameux saut | Réalisé par Bud Ekins (pas McQueen), sur Triumph TR6 Trophy 650 cm³ grimée en moto allemande, via une rampe de terre |
| ISDT 1964 | Erfurt, Allemagne de l'Est, 7-12 sept. ; McQueen sur Triumph TR6 650 ; chute et abandon |
| Équipe US 1964 | McQueen, Bud & Dave Ekins, Cliff Coleman, John Steen (2 médailles d'or : Coleman et D. Ekins) |
| On Any Sunday | 1971, réal. Bruce Brown ; financé par McQueen (Solar Productions, ~313 000 $) ; nommé aux Oscars 1972 |
| Collection | Plus de 200 motos ; Triumph, Indian, Cyclone 1915, desert sleds |
| Marque de cœur | Triumph (scramblers / desert sleds) |
FAQ — Questions fréquentes
Est-ce Steve McQueen qui a fait le saut à moto dans La Grande Évasion ?
Non. Le saut par-dessus les barbelés a été réalisé par son ami cascadeur Bud Ekins, car les assureurs du film interdisaient à McQueen de le tenter. McQueen a en revanche exécuté lui-même la plupart des autres scènes de moto du film.
Quelle moto a servi pour la scène du saut ?
Une Triumph TR6 Trophy de 650 cm³, maquillée pour ressembler à une moto militaire allemande de la Seconde Guerre mondiale, aucune BMW de l'époque n'étant capable d'un tel saut.
Steve McQueen a-t-il vraiment couru les Six Days ?
Oui. En septembre 1964, il a représenté les États-Unis aux International Six Days Trial d'Erfurt, en Allemagne de l'Est, sur une Triumph TR6 650. Il a chuté et dû abandonner, mais deux de ses coéquipiers ont décroché la médaille d'or.
Quel est le rôle de McQueen dans On Any Sunday ?
Il a financé et co-produit ce documentaire de Bruce Brown (1971) via sa société Solar Productions, pour un budget d'environ 313 000 dollars, en plus d'y apparaître. Le film a été nommé à l'Oscar du meilleur documentaire en 1972.
Quelle était la marque de moto préférée de Steve McQueen ?
Triumph. Il affectionnait particulièrement les scramblers et desert sleds, ces gros bicylindres britanniques préparés pour le tout-terrain, même s'il a possédé plus de 200 motos de toutes marques et époques.

