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La Triumph Speed Triple : la reine des streetfighters
Sommaire
- 1994 : la Daytona « décarénée »
- Le 3-cylindres, la signature Triumph
- 1997 : le double phare rond et le style streetfighter
- 955i, 1050, 1200 : la montée en puissance
- Héritage : la reine d'une sous-culture
- Tableau récapitulatif
- FAQ
1994 : la Daytona « décarénée »
Il y a des motos qui suivent une mode, et il y en a une qui a transformé une bricole de garage en genre à part entière. La Triumph Speed Triple est de celles-là : née en 1994 d'une sportive débarrassée de son carénage, elle a pris le look brut des motos accidentées et remises sur roue par leurs pilotes, pour en faire un roadster sportif chic, rageur et parfaitement assumé. Voici l'histoire de la reine des streetfighters.
Quand la Speed Triple débarque en 1994, la nouvelle Triumph de Hinckley n'a que quelques années d'existence : la marque anglaise, ressuscitée par John Bloor à la fin des années 1980, aligne alors une gamme de sportives et de routières construites autour d'un ingénieux bloc modulaire. L'idée de la Speed Triple est simple et géniale : prendre la sportive maison, la Daytona, lui retirer son carénage et poser un guidon large. On obtient une naked nerveuse, minimaliste, avec le moteur bien exposé aux regards. Ce grand retour de Triumph, on l'a raconté dans l'histoire fascinante de la marque anglaise.
Le nom n'est pas choisi au hasard : « Speed Triple » est un clin d'œil à la Speed Twin de 1938, la bicylindre qui avait fait la légende de l'ancienne Triumph. « Triple » remplace « Twin » parce que le cœur de la machine compte désormais trois cylindres. Techniquement, ce premier modèle (série T300) repose sur un moteur 885 cm³ refroidi par eau, décliné aussi en 750 cm³ pour certains marchés européens où la fiscalité et la réglementation sportive favorisaient cette cylindrée. La puissance tourne autour de 98 ch, une boîte à cinq rapports, un cadre acier : rustique, mais furieusement attachant. On est aux antipodes des race replicas japonaises qui régnaient alors sur le marché.
Le 3-cylindres, la signature Triumph
S'il y a un choix qui définit la Speed Triple – et Triumph tout entier – c'est bien le trois-cylindres en ligne. Là où le reste de l'industrie se partageait entre le twin vibrant et coupleux (cher à Ducati) et le quatre-cylindres lisse et hurlant des Japonaises, la marque anglaise a bâti son identité sur un compromis malin. Le « triple » offre le couple à bas régime d'un bicylindre et l'allonge d'un quatre-pattes, le tout avec une sonorité rauque et une montée en régime linéaire impossible à confondre avec autre chose.
Ce caractère unique explique une bonne part de l'aura de la moto. On ne roule pas en Speed Triple pour le chrono absolu, mais pour cette poussée pleine et disponible dès les mi-régimes, parfaite en ville comme sur les départementales. Fidèle à ce moteur emblématique, Triumph l'a décliné sur presque toute sa gamme moderne, jusqu'à la lignée des Bonneville et des trails. Le 3-cylindres est resté, au fil des décennies, la véritable carte d'identité sonore de la marque.
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Le 3-cylindres et la silhouette de la Speed Triple se prêtent parfaitement à une miniature de collection, CTA naturel après la section moteur.
1997 : le double phare rond et le style streetfighter
La Speed Triple entre dans la légende en 1997 avec la refonte connue sous le nom de T509. C'est là qu'apparaît le détail qui deviendra sa marque de fabrique : les deux phares ronds jumeaux, ce regard « yeux d'insecte » signé par les designers John Mockett et Rod Scivyer. Impossible désormais de confondre une Speed Triple avec quoi que ce soit d'autre. Sous la peau, la machine gagne un cadre aluminium, l'injection électronique et un superbe bras oscillant monobranche qui dégage la roue arrière. La puissance grimpe à environ 108 ch.
Surtout, la T509 officialise une posture esthétique. Le streetfighter était jusque-là un bricolage de rue : des pilotes cassaient leur sportive carénée, la remettaient debout sans plastique, ajoutaient un guidon droit et roulaient « à nu ». Triumph est l'un des premiers constructeurs à industrialiser ce look né dans la rue et à le vendre tel quel, en concession, prêt à l'emploi. Pour comprendre d'où vient cette esthétique brutale et sans carénage, on t'a préparé un dossier complet sur le streetfighter, la moto de la rue. La Speed Triple en devient instantanément la référence absolue, celle que copieront les autres.
955i, 1050, 1200 : la montée en puissance
À partir de 1999, la Speed Triple adopte le moteur 955 cm³ (modèle « 955i »), qui monte progressivement en puissance jusqu'à environ 120 ch sur les versions 2002-2004, tout en conservant ses phares ronds et son monobranche. C'est la période où le roadster anglais s'affirme définitivement comme un gros bras sportif, rival naturel de la Ducati Monster sur le terrain des naked de caractère.
Le grand saut arrive en 2005 avec le passage au bloc 1050 cm³, autour de 130 ch, monté dans une partie-cycle enfin détachée de la plateforme Daytona : fourche inversée, étriers radiaux, comportement plus affûté. Cette génération 1050, produite jusqu'au tournant des années 2010-2020 (avec des versions R et RS toujours plus pointues et bien équipées), installe la Speed Triple comme un best-seller durable. Puis vient la rupture de 2021 : la Speed Triple 1200 RS et son inédit trois-cylindres 1160 cm³ à course ultra-courte, qui envoie près de 180 ch pour un poids plume. En 2022, la 1200 RR décline la recette en version plus racée, avec demi-carénage « bikini », un phare rond unique et une posture inspirée des café racers.
Héritage : la reine d'une sous-culture
En trois décennies, la Speed Triple a fait bien plus que vieillir en beauté : elle a défini une catégorie. Le double phare rond est devenu une signature copiée dans toute l'industrie, et le concept de roadster sportif musclé qu'elle a popularisé irrigue aujourd'hui des dizaines de modèles concurrents. On peut tracer une ligne directe entre l'esprit « décarénage » des sportives des années 80-90 et la moindre naked hypersportive vendue de nos jours.
La Speed Triple a aussi soigné une image de moto de caractère, un rien voyou, sœur spirituelle des cultures moto anglaises qui ont donné le café racer. Bref, elle incarne cette idée simple et puissante : une belle mécanique n'a pas besoin de se cacher sous du plastique. C'est peut-être ça, le vrai héritage streetfighter : la fierté du moteur à l'air libre.
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Tableau récapitulatif
| Génération | Années | Cylindrée | Puissance (env.) | Fait marquant |
|---|---|---|---|---|
| T300 | 1994-1996 | 885 cm³ (750 en option Europe) | ~98 ch | Daytona « décarénée », carbus, phare simple |
| T509 | 1997-1998 | 885 cm³ injection | ~108 ch | Double phare rond, cadre alu, monobranche |
| 955i | 1999-2004 | 955 cm³ | ~110 à 120 ch | Montée en puissance, style confirmé |
| 1050 | 2005-2020 | 1050 cm³ | ~130 à 150 ch | Partie-cycle sportive, versions R et RS |
| 1200 RS | 2021+ | 1160 cm³ | ~180 ch | Nouveau bloc course courte, allègement |
| 1200 RR | 2022+ | 1160 cm³ | ~180 ch | Demi-carénage, phare rond unique, style café racer |
FAQ — Questions fréquentes
En quelle année est née la Triumph Speed Triple ?
La Speed Triple a été lancée en 1994. Elle est dérivée de la sportive Daytona, à laquelle Triumph a retiré le carénage pour en faire un roadster « naked ». Son nom rend hommage à la Speed Twin de 1938.
Pourquoi Triumph a-t-il choisi un moteur 3-cylindres ?
Le trois-cylindres en ligne offre un compromis unique : le couple généreux à bas régime d'un twin et l'allonge d'un quatre-cylindres, avec une sonorité rauque caractéristique. Il est devenu la signature technique de Triumph.
Quand sont apparus les fameux doubles phares ronds ?
Les deux phares ronds jumeaux, ce regard « yeux d'insecte », sont apparus en 1997 avec la refonte T509, dessinée par John Mockett et Rod Scivyer. Ils sont depuis la signature visuelle de la Speed Triple.
Quelle est la cylindrée de la Speed Triple 1200 RS ?
Depuis 2021, la Speed Triple 1200 RS utilise un trois-cylindres de 1160 cm³ à course courte développant environ 180 ch, ce qui en fait la version la plus puissante de la lignée.
La Speed Triple a-t-elle inventé le streetfighter ?
Non : le style streetfighter est né dans la rue, avec des pilotes qui décaraient leurs sportives accidentées. Mais Triumph fut l'un des premiers à industrialiser ce look et à le vendre en concession, faisant de la Speed Triple la référence du genre.

